Traitement chirurgical

Chirurgie du canal lombaire étroit

Redonner au canal lombaire un diamètre normal en enlevant les excroissances osseuses qui compriment les nerfs : c'est le recalibrage lombaire.

Deux chirurgiens de l'IMeD au bloc opératoire
L'intervention en bref
30 min à 1 h 30Durée de l'intervention
24 à 48 hD'hospitalisation
GénéraleType d'anesthésie

Comprendre

Deux chirurgiens de l'institut opèrent côte à côte

La chirurgie du canal lombaire étroit intervient lorsque le canal rachidien dans la région lombaire se rétrécit, comprimant la moelle épinière ou les racines nerveuses. Cette intervention vise à soulager la pression, à restaurer la mobilité et à atténuer les symptômes associés.

Qu'est-ce qu'un recalibrage lombaire ?

Le recalibrage lombaire consiste à redonner au canal lombaire un diamètre et une forme normale, en enlevant les ostéophytes qui ont poussé sur ses parois. Pour cela, deux techniques sont possibles : la chirurgie standard ou la chirurgie mini-invasive. Dans les deux cas, l'objectif est le même : décomprimer les nerfs pour traiter la douleur et/ou les déficits moteurs dont vous souffrez, et ce, en passant par le dos.

La seconde technique évite de couper des muscles. Avec elle, les douleurs post-opératoires sont donc moindres. Mais toutes les arthroses lombaires ne peuvent pas être traitées de la sorte. Si le problème est bilatéral, ou s'il atteint plusieurs niveaux intervertébraux, un accès plus large à la colonne peut être nécessaire. Une chirurgie standard sera mieux indiquée.

La pathologie elle-même (le rétrécissement du canal, ses causes et ses symptômes) est décrite sur sa page dédiée.

L'intervention

Les deux techniques possibles

Avant l'interventionAprès l'intervention
Schéma comparatif : à gauche le canal lombaire rétréci par les becs de perroquet qui compriment les nerfs, à droite le canal élargi après le recalibrage et les nerfs libérés

Glissez à droite pour voir l'après

La chirurgie standard

Aussi appelée chirurgie ouverte, cette technique consiste à enlever les becs de perroquets qui se sont formés dans le canal lombaire. L'opération dure entre 30 minutes et 1 heure 30, en fonction de la complexité du geste à réaliser (nombre de niveaux à opérer, gravité de la compression, etc.). Elle est surtout pratiquée quand deux à quatre étages intervertébraux sont concernés, ou quand un seul est atteint, mais de façon bilatérale.

Voici, simplement résumées, les grandes étapes de ce recalibrage par chirurgie ouverte :

1

L'anesthésie et l'installation

Vous êtes endormi(e) (anesthésie générale), puis installé(e) sur une table spéciale adaptée à la chirurgie du dos.

2

Le repérage et l'incision

Les vertèbres à opérer sont repérées par des radiographies réalisées au bloc. Le chirurgien pratique ensuite une incision verticale de quelques centimètres, centrée sur la colonne, puis libère l'accès à la colonne en désinsérant les muscles du dos, qui seront remis en place et suturés en fin d'intervention.

3

L'ouverture du canal lombaire

Le chirurgien coupe partiellement les épineuses et les lames des vertèbres concernées : c'est la laminectomie. En ouvrant ainsi le canal vertébral, elle suffit déjà à libérer les nerfs. L'os retiré n'a pas besoin d'être remplacé : il n'est pas indispensable à la solidité de la colonne.

4

Le recalibrage lui-même

Sous microscope, le chirurgien enlève les becs de perroquet qui ont poussé sur les parois du canal et redonne à celui-ci un diamètre et une forme normale : les nerfs ne sont plus comprimés.

5

La fermeture et la surveillance

Les muscles sont remis en place et suturés. La peau est refermée avec des fils ou des agrafes. Vous restez hospitalisé(e) 24 à 48 heures, le temps que la douleur s'atténue et de vérifier l'absence de complication neurologique.

La chirurgie mini-invasive

Cette technique consiste à enlever les becs de perroquets qui se sont formés dans le canal lombaire. Ce, en évitant de couper et de désinsérer les muscles se trouvant entre la peau et la colonne. L'opération dure entre 30 minutes et 1 heure 30, en fonction de la complexité du geste à réaliser (nombre d'ostéophytes à enlever, gravité de la compression, etc.). Elle n'est applicable que si un seul niveau est concerné, de façon unilatérale et non bilatérale. Dans de rares cas, même en cas de symptomatologie bilatérale, cette technique mini-invasive peut être proposée.

Le déroulement détaillé du recalibrage par technique mini-invasive (le repérage, la laminectomie, l'ablation des ostéophytes, la fermeture) est décrit étape par étape sur la page de la chirurgie de libération lombaire mini-invasive.

Pendant l'opération

Pourquoi le chirurgien peut-il être amené à compléter le geste initialement prévu ?

Les examens réalisés avant l'intervention permettent normalement de repérer une instabilité entre les vertèbres. Si le chirurgien constate malgré tout une mobilité anormale pendant l'opération, il peut compléter le recalibrage par une arthrodèse : une greffe osseuse prélevée sur votre propre colonne, maintenue par des vis et des tiges, fait fusionner définitivement les vertèbres concernées.

En chirurgie mini-invasive, il peut aussi adapter son geste si les becs de perroquet sont difficilement accessibles, en agrandissant l'incision par exemple, pour opérer dans les conditions maximales de sécurité.

Il est rare que le chirurgien prenne une telle décision sans l'avoir prévue : le plus souvent, le risque d'instabilité se voit sur les examens radiographiques réalisés avant l'opération, et l'arthrodèse peut être anticipée.

Un chirurgien suit l'imagerie peropératoire au bloc opératoire

Après l'opération

Suites et convalescence

Les suites communes à nos interventions du rachis (il faut bouger dès le premier jour, le retour à domicile, l'arrêt du tabac) sont détaillées étape par étape dans votre parcours.

Combien de temps dure la convalescence après une chirurgie du canal lombaire étroit ?

La durée de la convalescence après une chirurgie du canal lombaire étroit peut varier en fonction de plusieurs facteurs, tels que la complexité de la procédure, la santé générale du patient et la rapidité de la récupération individuelle. Cependant, voici une estimation générale de la période de convalescence après cette chirurgie :

Les 4 à 6 premières semaines

Les premières semaines après la chirurgie sont cruciales pour la récupération post-opératoire. Le patient peut ressentir des douleurs, de la fatigue et une limitation des mouvements. Durant cette période, le repos relatif est souvent recommandé, avec des précautions pour éviter les mouvements brusques ; cependant il n'y a pas de restrictions systématiques, et chaque patient retrouve progressivement son autonomie en fonction de son ressenti personnel et des capacités fonctionnelles qui lui sont propres. Les visites de suivi avec le chirurgien permettent d'évaluer la progression et d'ajuster le plan de récupération. La rééducation peut être prescrite pour renforcer les muscles lombaires et améliorer la stabilité.

2 à 3 mois

À ce stade, la plupart des patients peuvent reprendre des activités plus intensives, et éventuellement leur activité professionnelle. La récupération se poursuit, et le patient peut commencer à reprendre des activités sportives, en évitant les mouvements qui pourraient mettre en danger la zone opérée.

3 à 6 mois

La plupart des patients constatent une amélioration significative de leur mobilité et une diminution des douleurs à ce stade. La reprise complète des activités sportives et des tâches quotidiennes normales est en cours, mais il est essentiel de suivre les conseils médicaux pour minimiser les risques de complications.

Une patiente guidée par un kinésithérapeute lors d'une séance de rééducation du dos

Il est important de souligner que ces estimations sont générales, et la récupération peut varier d'un individu à l'autre. Un suivi étroit avec le chirurgien, l'adhésion à un programme de rééducation, et le respect des recommandations médicales contribuent tous à une récupération réussie. Le chirurgien du rachis fournira des instructions spécifiques en fonction de la situation clinique de chaque patient.

Reprendre le sport

Quelles sont les activités sportives recommandées et déconseillées après l'intervention ?

Après une chirurgie du canal lombaire, il est essentiel de prendre des précautions particulières en ce qui concerne les activités sportives. Voici des recommandations générales sur les activités à privilégier et à éviter :

Activités recommandées précocement

Marche. La marche est une activité à faible impact qui favorise la circulation sanguine et renforce les muscles sans solliciter excessivement la colonne lombaire. Elle peut être reprise dès le jour de l'opération.

Natation. La natation est un exercice doux qui améliore la condition physique globale sans mettre trop de pression sur la région lombaire. Elle peut être reprise dès l'obtention de la cicatrisation du site opératoire.

Cyclisme doux. Le cyclisme sur terrain plat ou sur vélo « d'appartement » peut être envisagé, en veillant à maintenir une posture adéquate et à éviter les terrains accidentés. Il peut être repris dès l'obtention de la cicatrisation du site opératoire.

Avec prudence, après votre première consultation de contrôle

Yoga et Pilates. Ces activités axées sur la flexibilité et le renforcement musculaire peuvent être bénéfiques, mais il est important d'éviter les positions qui sollicitent excessivement la colonne lombaire.

Exercices de renforcement musculaire. Des exercices de renforcement musculaire peuvent être inclus dans le programme, en restant très prudent sur les charges lourdes et les mouvements qui mettent une pression excessive sur la colonne lombaire.

Il est impératif de discuter individuellement avec le chirurgien et le médecin rééducateur pour élaborer un programme d'activités personnalisé, tenant compte de la procédure spécifique et des besoins de chaque patient. Le respect des recommandations médicales contribue à une récupération réussie et minimise les risques de complications.

À connaître

Complications

Pourquoi existe-t-il un risque de persistance des symptômes ?

Comme vous l’avez compris, l’opération que vous allez subir vise, notamment, à traiter vos douleurs et signes neurologiques si vous en présentez, en libérant le nerf comprimé (sténose lombaire, arthrose, hernie discale etc.). Pourtant, il arrive que l’opération n’apporte pas tout le bénéfice escompté.

Sans que l’on sache toujours pourquoi, les douleurs que vous aviez avant l’opération peuvent persister malgré un geste chirurgical bien fait. Cette douleur persistante, atténuée mais toujours présente au réveil, peut n’être que transitoire et s’expliquer par une réaction du nerf à l’étirement. Avant l’opération, le ou les disque(s) étant affaissé(s), le nerf s’était peut-être rétracté. Après l’opération, l’espace discal retrouvé entre les vertèbres a pu conduire à l’étirer.

Mais il arrive que la douleur soit séquellaire et définitive. On parle alors de radiculopathie ou de neuropathie chronique. Ce risque de mauvaise récupération nerveuse est majoré :

  • Si les nerfs ont été comprimés de façon importante pendant longtemps, car cela leur fait perdre leur capacité de cicatrisation et de récupération. Dans ces cas-là, la situation ne peut pas empirer, mais les symptômes ne seront pas totalement guéris. En cas de douleur, des traitements médicamenteux devront être mis en place.
  • En cas de tabagisme actif. Il est donc fortement recommandé d’arrêter de fumer avant l’intervention, afin d’optimiser les chances de réussite de l’opération.
Pourquoi existe-t-il un risque très faible d’atteinte neurologique pendant ou après une opération du rachis lombaire ?

Dans la majorité des cas, cette intervention se déroule sans complication. Cependant, dès lors qu’on intervient au niveau du rachis, il y a toujours un risque de lésion nerveuse durant l’intervention.

Pour accéder au canal vertébral et y enlever les ostéophytes, le chirurgien est obligé de pousser légèrement le(s) nerf(s) et/ou le sac dural qui contient les racines nerveuses lombaires. Dans de très rares cas, la mobilisation des structures neurologiques peut entraîner une souffrance du nerf, appelée aussi « lésion de traction ».

Selon le degré de souffrance du (des) nerf(s), cette lésion de traction peut entraîner :

  • La paralysie d’un ou de plusieurs muscles de la jambe et/ou du pied ;
  • Une perte de sensibilité dans une partie ou la totalité de la jambe et du pied ;
  • Ou, dans les cas les plus sévères, mais plus rares, un syndrome de la queue de cheval avec pertes incontrôlées d’urines et de selles.

Ces complications peuvent être temporaires ou définitives.

Pourquoi existe-t-il un risque exceptionnel de formation d’un hématome à l’intérieur même de la colonne vertébrale ?

Dans la majorité des cas, cette intervention se déroule sans complication. Cependant, dès lors qu’on intervient au niveau du rachis, il y a toujours un risque qu’un hématome se crée dans le canal vertébral, à l’endroit où passent les nerfs, après la fin de l’intervention.

Parce que les nerfs et le sac dural sont entourés par de nombreuses petites veines et artères, un hématome peut se former progressivement dans le canal vertébral après l’opération. Parce qu’il comprime les nerfs et/ou le sac dural, des douleurs et/ou des troubles neurologiques apparaissent, plus ou moins rapidement, de manière progressivement croissante dans les 6 à 48 heures suivant l’intervention.

Si c’est le cas, il faut en avertir immédiatement l’infirmier(e) du service, qui contactera alors votre chirurgien. Un scanner ou une IRM sera fait dans les meilleurs délais afin de confirmer le diagnostic et de réaliser un drainage chirurgical de l’hématome du canal vertébral. Cette complication peut entraîner des paralysies temporaires ou définitives, même si l’hématome est évacué efficacement, dans les meilleurs délais.

Pourquoi existe-t-il un risque exceptionnel de brèche durale ?

Dans la majorité des cas, cette intervention se déroule sans complication. Cependant, dès lors qu’on intervient au niveau de la colonne vertébrale, il y a toujours un risque, même faible, de léser la dure mère, c’est-à-dire le tissu, aussi appelé « méninge », qui enveloppe et protège le système nerveux central. En résulte une fuite du liquide céphalo-rachidien dans lequel baignent les racines nerveuses et la moelle épinière, mais aussi le cerveau.

La plupart du temps, le chirurgien se rend compte de la lésion pendant l’opération et suture la brèche. Mais si la plaie est passée inaperçue, ou si la fuite de liquide persiste malgré une suture efficace, pourrait apparaître un écoulement clair et transparent au niveau du pansement, associé à des migraines importantes, de la somnolence, des douleurs anormales au niveau des membres, etc. Autant de symptômes qui doivent vous conduire à alerter immédiatement l’infirmier(e) du service, qui contactera alors votre chirurgien, car ce sont les signes d’un début d’hypopression intracrânienne, due à la diminution progressive de la quantité du liquide habituellement présent au niveau du cerveau. Une situation extrêmement rare, mais dangereuse, qui peut en plus se compliquer, dans les cas les plus extrêmes, par une méningite (infection des tissus qui entourent le cerveau). Une nouvelle opération doit, la plupart du temps, être réalisée pour tenter une nouvelle suture de la brèche.

Pourquoi existe-t-il un risque exceptionnel de spondylodiscite ?

Suite à toute intervention, une infection est toujours possible, même si le risque survient de manière exceptionnelle. Dans la chirurgie du rachis lombaire, cette infection touche le disque intervertébral du niveau opéré. On parle de spondylodiscite.

Cette complication, qui se manifeste par des douleurs inflammatoires au niveau du rachis, se traite par un drainage chirurgical de l’infection. Lors de cette intervention, des prélèvements bactériologiques sont réalisés. Ils permettent de mettre en place, juste après, une antibiothérapie efficace de manière prolongée, adaptée à la bactérie qui a été mise en évidence par ces prélèvements.

Pourquoi existe-t-il un risque très exceptionnel d’hémorragie grave ?

Le risque de léser la veine cave ou l’artère aorte lors de l’ablation des ostéophytes est très exceptionnel quand l’opération est réalisée par voie postérieure, car ces vaisseaux sanguins sont plutôt situés à l’avant de la colonne. Néanmoins ce risque ne peut être totalement exclu. Lorsqu’il survient, il peut entraîner une hémorragie gravissime, pouvant être mortelle.

Pourquoi existe-t-il un risque faible de récidive des douleurs ?

L’intervention que vous allez subir ne vous prémunit pas d’une récidive de douleurs liées à une discopathie, à un autre niveau de la colonne vertébrale. L’arthrodèse ayant définitivement bloqué entre elles les vertèbres lombaires opérées, celles-ci ne présentent plus aucun risque d’affaissement et/ou d’instabilité. Mais, comme la discopathie est une pathologie notamment liée à l’âge, elle peut survenir à d’autres étages, parfois accompagnée d’une arthrose. La pathologie peut apparaître au niveau lombaire si toutes les vertèbres n’y ont pas déjà été opérées, mais aussi au niveau cervical ou thoracique. Ce dans les mois ou années suivant l’opération. Ils peuvent alors comprimer les racines nerveuses qui en sortent et/ou la moelle épinière. Là encore, le pincement pourra entraîner des douleurs et des déficits neurologiques, au niveau des membres inférieurs ou supérieurs du corps. Si tel est le cas, il faudra de nouveau opérer.

Pourquoi, pouvez-vous ressentir des douleurs après une intervention chirurgicale ?

Des médicaments contre la douleur sont systématiquement administrés avant même le réveil de l’anesthésie et par la suite à intervalles réguliers. Malgré cela et en fonction de la sensibilité de chacun, il est toutefois possible que des douleurs postopératoires apparaissent.

Elles sont en principe transitoires, elles ne durent que de deux à quatre jours. La durée d’apparition dépend du type d’anesthésie. L’intensité dépend du type de geste chirurgical et de votre degré de sensibilité. Parfois importantes lors des 12 à 24 premières heures après l’intervention, elles décroissent progressivement les jours suivants.

Pour diminuer au maximum ces douleurs, le médecin anesthésiste vous proposera le type d’anesthésie qui vous est le plus adapté et une ordonnance d’antalgique efficace vous sera remise avant votre retour à domicile.

En fonction de votre tolérance et de l’efficacité de ce traitement contre la douleur, celui-ci pourra être adapté par votre médecin traitant. Ce dernier a une place importante dans la prise en charge des douleurs mal soulagées par le traitement de sortie. Il est recommandé de le contacter devant toute recrudescence anormale de la douleur afin de réagir rapidement face à une éventuelle complication.

Si vous avez peur d’avoir mal après l’intervention que votre chirurgien vous a proposé, n’hésitez pas à en parler avec le médecin anesthésiste lors de la consultation préopératoire. Posez-lui toutes les questions que vous jugez utiles. Vous recevrez des informations claires sur les traitements dont vous pourrez bénéficier.

Pourquoi le tabac augmente-t-il de façon très significative les complications chirurgicales ?

De nombreuses études montrent que le tabagisme augmente le risque de complications chirurgicales : hématome, infection, problème de cicatrisation, lâchage des sutures, retard de consolidation osseuse… Par exemple, il a été montré qu’en chirurgie orthopédique, le risque de complications de la cicatrisation est de 5 % chez les non-fumeurs et de 31 % chez les fumeurs.

Un sevrage tabagique pré et post-opératoire est donc fortement conseillé, voire obligatoire, pour certains types d’interventions. Pour être efficace, il doit être entrepris 6 à 8 semaines avant l’intervention chirurgicale et poursuivi durant la phase de cicatrisation.

  • Le tabagisme augmente le risque de complications infectieuses.

D’une part, la nicotine entraîne une vasoconstriction des tissus et réduit l’affluence d’oxygène. Elle agit aussi sur la qualité de la cicatrisation par la diminution de production du collagène. D’autre part, le monoxyde de carbone entraîne une diminution de l’oxygénation des tissus et une mauvaise micro-circulation sanguine.

Une étude évaluant 228 plaies provoquées a montré un taux d’infection des plaies de 12 % chez les fumeurs et de 2 % chez les non-fumeurs.

  • Le tabagisme augmente les problèmes de cicatrisation des tissus.

L’effet néfaste du tabagisme sur la cicatrisation cutanée et celle des tissus profonds s’explique de la même façon que le risque infectieux : la diminution de la micro-circulation cutanée et de la quantité d’oxygène apportée aux organes par le sang (hypoxie). Les complications chirurgicales sont particulièrement importantes en cas de cicatrisation, de greffe de peau ou de transfert de lambeaux musculaires. Des études ont montré un taux de nécrose partielle trois fois supérieur chez les fumeurs.

  • Le tabagisme retarde aussi la consolidation osseuse.

Une étude a révélé qu’en cas de fracture ouverte de la jambe, la consolidation survient en 32 semaines chez les fumeurs contre 28 semaines chez les non-fumeurs avec des opérations secondaires d’aide à la consolidation plus fréquentes chez les fumeurs.

Pourquoi subsiste-t-il un faible risque d’infection nosocomiale ?

Une infection nosocomiale est une infection contractée dans un établissement de santé (hôpital, clinique…) alors qu’elle était absente au moment de l’admission du patient. L’infection est généralement considérée comme nosocomiale si elle se déclare au minimum 48 heures après l’admission. Si elle apparaît avant un tel délai, on considère qu’elle était en incubation lors de l’entrée dans l’établissement. Inversement, en fonction de sa nature, elle peut se révéler plusieurs semaines, voire plusieurs mois, après les soins responsables.

La principale source de contamination, dans le cas d’une infection nosocomiale, est le patient lui-même et non l’environnement hospitalier ou le personnel. Le plus souvent, le patient est infecté par ses propres germes au cours de certains soins invasifs (actes chirurgicaux, sondage urinaire, respiration artificielle…). Dans les autres cas, ce sont les soignants qui sont des vecteurs de transmission.

D’après une étude de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) datant de 2012, un patient hospitalisé sur vingt (5 %) contracte une infection dans l’établissement où il est soigné. Mais le risque est variable selon le profil du patient, les soins pratiqués et la durée du séjour.

Le profil du patient : Les plus de 65 ans, les nouveau-nés (en particulier les prématurés), les polytraumatisés et les grands brûlés sont les plus à risque. Paradoxalement, certains traitements peuvent également favoriser la survenue d’une infection nosocomiale (antibiotiques qui déséquilibrent la flore des patients et sélectionnent les bactéries résistantes, traitements immunosuppresseurs…).

Les soins pratiqués : Les infections sont plus fréquentes lors d’actes opératoires où les gestes invasifs sont nombreux (ouverture prolongée de la peau, fil profond, matériel mis en place, intubation, sonde urinaire, pose d’un cathéter…).

La durée du séjour : Le risque d’infection nosocomiale est diminué par 15 chez les patients hospitalisés entre 2 et 7 jours par rapport à ceux dont l’hospitalisation dure de 30 à 89 jours. Dans le cas d’une chirurgie ambulatoire (prise en charge sans hébergement et d’une durée maximale de 12 heures), même si aucune étude scientifique ne l’a encore démontré, le risque serait encore réduit.

La prévention, au cœur des préoccupations des établissements de santé.

Des Comités de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN), sont intégrés dans les Commissions médicales d’établissement. Leur fonction est d’améliorer les conditions d’hygiène et de prévention en fonction des données de surveillance et des progrès médicaux. Il s’agit notamment d’appliquer des protocoles d’hygiène et de soins précis avant, pendant et après chaque geste chirurgical. Soignants, patients et visiteurs doivent respecter les mesures d’hygiène et d’asepsie dictées par l’établissement.

Il est à noter, qu’il ne faut pas confondre une infection du site opératoire (nosocomiale) avec des aléas de la cicatrisation. Un défaut de cicatrisation ou la désunion secondaire d’une cicatrice opératoire peuvent devenir la porte d’entrée d’une infection, mais habituellement non nosocomiale dans ces cas.

Pourquoi existe-t-il toujours un risque de complications exceptionnelles non prévisibles ou non connues ?

Toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques bien identifiés sur lesquels une information précise vous a été communiquée par votre chirurgien. Mais des complications exceptionnelles ne sont ni toutes prévisibles ni même toutes connues.

De la même manière que les activités de votre vie contiennent des risques que vous ne pouvez pas toujours anticiper, il en est de même pour une intervention chirurgicale malgré les soins constants dans l’amélioration de la gestion des risques.

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