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La chirurgie lombaire par technique mini-invasive est une approche chirurgicale visant à stabiliser la colonne lombaire tout en minimisant les incisions et les traumatismes tissulaires. Cette procédure offre la possibilité de réduire la douleur post-opératoire et d’accélérer la récupération, tout en minimisant les effets indésirables des procédures chirurgicales traditionnelles. 

COMMENT SE DÉROULE LA PROCÉDURE MINI-INVASIVE ?

L’intervention commence par de petites incisions à travers lesquelles le chirurgien insère des instruments spécialisés pour accéder à la colonne lombaire. Les surfaces articulaires endommagées sont éliminées, et des greffes osseuses ou des implants sont utilisés pour favoriser la fusion entre les vertèbres. La visualisation en temps réel grâce à la fluoroscopie permet un positionnement précis.

 Discectomie lombaire par technique mini-invasive 

Aussi appelée micro-discectomie, cette technique consiste à enlever la hernie, c’est-à-dire les fragments de disques sortis de leur position, ainsi que la partie du disque qui a été lésée. Ce, en évitant de couper et de désinsérer les muscles se trouvant entre la peau et la colonne. L’opération dure 35 à 45 minutes, en fonction de la complexité du geste à réaliser.

Pour cette opération, réalisée sous anesthésie générale, vous serez placé(e) sur une table spéciale, en position de décubitus ventral ou en position génu-pectorale.

L’intervention se déroule ensuite en plusieurs étapes :

Le disque intervertébral à opérer est d’abord marqué au feutre par le chirurgien, sur la peau, grâce à des clichés radiographiques réalisés en salle d’opération, après l’anesthésie générale. Cela lui permettra d’inciser au bon endroit, donc de limiter la taille de la cicatrice. Le chirurgien pratique une incision verticale, de quelques centimètres, centrée sur la colonne et sur le(s) disque(s) à opérer.

Pour accéder aux vertèbres, il ne coupe pas et ne désinsère pas les muscles du dos se trouvant sur son passage. Il utilise des dilatateurs, sortes de tubes métalliques de diamètres croissants, qu’il va placer les uns après les autres pour écarter progressivement les fibres musculaires. Une fois l’ouverture assez large, le chirurgien maintiendra l’ensemble avec un écarteur « autostatique », qui tient en place tout seul. L’extrémité de cet écarteur peut encore s’ouvrir à l’intérieur du patient, pour atteindre un site opératoire plus large que l’ouverture en surface de la peau.

Afin d’éviter tout risque d’erreur sur les niveaux à opérer, un nouveau repérage radiographique est réalisé, cette fois dos ouvert, en plaçant des repères métalliques sur la colonne vertébrale, aux niveaux supposés d’intervention.

Le chirurgien commence par couper partiellement les épineuses de la (ou des) deux vertèbre(s) à opérer. Les épineuses sont les bouts de vertèbres qu’on sent lorsqu’on passe la main sur le dos. Ensuite, le chirurgien va couper partiellement les lames qui constituent l’arc vertébral à l’arrière de la colonne au niveau de ces mêmes vertèbres.

Si une partie de l’arc vertébral est enlevé, elle n’aura pas besoin d’être remplacée : cet arc n’est pas indispensable à la solidité et à la stabilité de la colonne. Et, au niveau de la découpe, l’os cicatrisera tout seul.

En utilisant un microscope dédié, le chirurgien retire les fragments de disques qui ont été exclus de la colonne, et parfois un petit bout de disque. La partie restante du disque intervertébral est laissé en place, afin qu’il continue à assurer le lien entre les vertèbres, donc la stabilité de la colonne.
La peau est refermée avec des fils ou des agrafes. Vous resterez à l’hôpital 24 à 48 heures, le temps de vérifier l’absence de complications neurologiques.

Recalibrage lombaire par technique mini-invasive

Cette technique consiste à enlever les becs de perroquets qui se sont formés dans le canal lombaire, et ce, en évitant de couper et de désinsérer les muscles se trouvant entre la peau et la colonne. L’opération dure entre 30 minutes et 1h30, en fonction de la complexité du geste à réaliser (nombre d’ostéophytes à enlever, gravité de la compression, etc.). Elle n’est applicable que si un seul niveau est concerné, de façon unilatérale et non bilatérale. Dans de rares cas, même en cas de symptomatologie bilatérale, cette technique mini-invasive peut-être proposée.

Pour cette opération, réalisée sous anesthésie générale, vous serez placé(e) sur une table spéciale, en position de décubitus ventral ou génu-pectorale. 

L’intervention se déroule ensuite en plusieurs étapes :

La vertèbre à opérer est d’abord marquée au feutre par le chirurgien, sur la peau, grâce à des clichés radiographiques réalisés en salle d’opération, après l’anesthésie générale. Cela lui permettra d’inciser au bon endroit, donc de limiter la taille de la cicatrice. Le chirurgien pratique une incision verticale, de quelques centimètres, centrée sur la colonne et sur le niveau vertébral à opérer.
Pour accéder à la colonne, il ne coupe pas et ne désinsère pas les muscles du dos se trouvant sur son passage. Il utilise des dilatateurs, sortes de tubes métalliques de diamètres croissants, qu’il va placer les uns après les autres pour écarter progressivement les fibres musculaires. Une fois l’ouverture assez large, le chirurgien maintiendra l’ensemble avec un écarteur « autostatique », qui tient en place tout seul. L’extrémité de cet écarteur peut encore s’ouvrir à l’intérieur du patient, pour atteindre un site opératoire plus large que l’ouverture en surface de la peau.
Afin d’éviter tout risque d’erreur sur le niveau à opérer, un nouveau repérage radiographique est réalisé, cette fois dos ouvert, en plaçant des repères métalliques sur la colonne vertébrale, à l’endroit supposé d’intervention.
Le chirurgien va couper partiellement la lame qui constitue l’arc vertébral à l’arrière de la colonne au niveau de cette même vertèbre. N’étant pas indispensable à la solidité de la colonne, celui-ci n’aura pas besoin d’être remplacé.
La laminectomie, en ouvrant le canal vertébral, suffit déjà à libérer les nerfs. Mais le chirurgien le complète en réséquant, c’est-à-dire en enlevant les « becs de perroquets » qui déforment les os et viennent au contact des nerfs. Il utilise pour cela un microscope dédié. Même si le disque intervertébral est altéré par l’arthrose, il en reste un morceau que l’équipe va laisser en place pour qu’il puisse continuer à assurer le lien entre les vertèbres, donc la stabilité de la colonne.
La peau est refermée avec des fils ou des agrafes. Vous resterez à l’hôpital 24 à 48 heures, le temps de vérifier l’absence de complications neurologiques.

SUITES POST-OPÉRATOIRES

Il faut bouger !

Après votre intervention, il n’y a pas de geste simple de la vie quotidienne qui vous seront interdits. Vous pouvez théoriquement tout faire : vous lever, vous asseoir, marcher, monter et descendre des escaliers… Si on vous garde en surveillance dans le service d’hospitalisation, c’est essentiellement pour surveiller l’apparition d’éventuelles complications et soulager les douleurs post-opératoires immédiates.
Les douleurs du site opératoire pourront être soulagées dans la très grande majorité des cas par des médicaments antalgiques et/ou anti-inflammatoires. Cela ne vous empêchera pas de bouger. Au contraire, on vous y encouragera.

Avant de rentrer chez vous, des médicaments contre la douleur vous seront prescrits ; des soins infirmiers à domicile seront également nécessaires, pour changer vos pansements jusqu’à l’obtention de la cicatrisation.

Le chirurgien programmera avec vous des consultations de suivi pour vérifier que tout va bien.

Néanmoins, si une douleur intense persiste ou si vous ressentez une douleur inhabituelle, qui ne peut être calmée par les traitements prescrits lors de votre sortie, il faut en avertir votre chirurgien.

Comment vais-je regagner mon domicile ?

Dans les premiers temps qui suivent l’intervention, le temps de la cicatrisation, les déplacements en voiture ne sont pas interdits ; il faut les adapter à vos douleurs, et à votre ressenti.
C’est pourquoi l’équipe médicale organisera votre retour à domicile en fonction de votre besoin et du type d’intervention chirurgicale que vous avez subie.

Il pourra se faire soit en transport personnel avec l’aide d’un proche, soit en taxi, soit en ambulance.

Il est souvent conseillé d’attendre la cicatrisation complète pour reprendre la conduite de votre véhicule en tant que conducteur actif, mais ce n’est pas systématique. Cette reprise d’activité est adaptée au cas par cas, en fonction de la localisation de l’incision et du type d’intervention que vous avez subie ; renseignez-vous auprès de votre chirurgien.

Pourquoi fumer nuit fortement à la réussite de l’opération ?

De façon générale, de nombreuses études montrent que le tabagisme actif augmente le risque de complications chirurgicales (hématome, infection, problèmes de cicatrisation, lâchage des sutures…).

Dans le cas où votre chirurgien a mis en place du matériel chirurgical (vis, prothèse, arthrodèse, greffe osseuse), le tabac, parce qu’il altère la micro-circulation sanguine et réduit les apports d’oxygène dans les tissus, ralentit, voire compromet, la consolidation de votre opération.

Dans les cas où une greffe osseuse a été faire, le tabac réduit les chances de succès de 20 à 30% ; on parle de pseudarthrodèse ou de faillite mécanique. Cela peut favoriser le déplacement du matériel implanté et créer une instabilité. Si cela arrive, il peut être nécessaire de recommencer toute l’opération, sans garantie de succès.

Arrêter de fumer avant et après l’opération est donc nécessaire.

COMBIEN DE TEMPS DURE LA CONVALESCENCE APRÈS L’INTERVENTION ?

La période de convalescence moyenne après une chirurgie lombaire mini-invasive peut varier en fonction de plusieurs facteurs, notamment la nature spécifique de l’intervention, la santé générale du patient et la rapidité de sa récupération.

Cependant, voici une estimation générale de la période de convalescence :

Les 4 à 6 premières semaines : Les premières semaines après la chirurgie sont cruciales pour la récupération post-opératoire. Le patient peut ressentir des douleurs, de la fatigue et une limitation des mouvements. Durant cette période, le repos relatif est souvent recommandé, avec des précautions pour éviter les mouvements brusques ; cependant il n’y a pas restrictions systématiques, et chaque patient retrouve progressivement son autonomie en fonction de son ressenti personnel et des capacités fonctionnelles qui lui sont propres.

Les visites de suivi avec le chirurgien permettent d’évaluer la progression et d’ajuster le plan de récupération. La rééducation peut être prescrite pour renforcer les muscles lombaires et améliorer la stabilité

2 à 3 mois : À ce stade, la plupart des patients peuvent reprendre des activités plus intensives, et éventuellement leur activité professionnelle. La récupération se poursuit, et le patient peut commencer à reprendre des activités sportives, en évitant les mouvements qui pourraient mettre en danger la zone opérée.

3 à 6 mois : La plupart des patients constatent une amélioration significative de leur mobilité et une diminution des douleurs à ce stade. La reprise complète des activités sportives et des tâches quotidiennes normales est en cours, mais il est essentiel de suivre les conseils médicaux pour minimiser les risques de complications.

Il est important de noter que chaque patient est unique, et la récupération peut varier. Les consignes médicales, y compris les restrictions d’activités, doivent être suivies scrupuleusement pour maximiser les chances de récupération réussie. La reprise des activités plus intenses, y compris les activités sportives, doit se faire sous la supervision et l’approbation du chirurgien du rachis.

QUELLES SONT LES ACTIVITÉS SPORTIVES RECOMMANDÉES ET DÉCONSEILLÉES APRÈS UNE CHIRURGIE LOMBAIRE PAR TECHNIQUE MINI-INVASIVE ?

Après une chirurgie lombaire par technique mini-invasive, il est crucial de choisir des activités sportives qui préservent la stabilité de la colonne vertébrale tout en favorisant la santé générale. Voici des recommandations générales sur les activités à privilégier et à éviter :

Activités recommandées précocement :

  • Marche : La marche est une activité à faible impact qui favorise la circulation sanguine et renforce les muscles sans solliciter excessivement la colonne lombaire. Elle peut être reprise dès le jour de l’opération.
  • Natation : La natation, est un exercice doux qui améliore la condition physique globale sans mettre trop de pression sur la région lombaire. Elle peut être reprise dès l’obtention de la cicatrisation du site opératoire.
  • Cyclisme doux : Le cyclisme sur terrain plat ou sur vélo « d’appartement » peut être envisagé, en veillant à maintenir une posture adéquate et à éviter les terrains accidentés. Il peut être repris dès l’obtention de la cicatrisation du site opératoire. 

Activités à approcher avec prudence après votre première consultation de contrôle avec le chirurgien :

  • Yoga et Pilates : Ces activités axées sur la flexibilité et le renforcement musculaire peuvent être bénéfiques, mais il est important d’éviter les positions qui sollicitent excessivement la colonne lombaire.
  • Exercices de renforcement musculaire : Des exercices de renforcement musculaire peuvent être inclus dans le programme, en restant très prudent sur les charges lourdes et les mouvements qui mettent une pression excessive sur la colonne lombaire.

Il est impératif de consulter le chirurgien et le médecin rééducateur pour obtenir des recommandations personnalisées en fonction de la procédure spécifique et des besoins individuels du patient. La sécurité et la préservation de la stabilité vertébrale doivent toujours être la priorité lors du choix des activités physiques.

COMPLICATIONS

Comme vous l’avez compris, l’opération que vous allez subir vise, notamment, à traiter vos douleurs et signes neurologiques si vous en présentez, en libérant le nerf comprimé (sténose lombaire, arthrose, hernie discale etc…). Pourtant, il arrive que l’opération n’apporte pas tout le bénéfice escompté.

Sans que l’on sache toujours pourquoi, les douleurs que vous aviez avant l’opération peuvent persister malgré un geste chirurgical bien fait. Cette douleur persistante, atténuée mais toujours présente au réveil, peut n’être que transitoire et s’expliquer par une réaction du nerf à l’étirement. Avant l’opération, le ou les disque(s) étant affaissé(s), le nerf s’était peut-être rétracté. Après l’opération, l’espace discal retrouvé entre les vertèbres a pu conduire à l’étirer.

Mais il arrive que la douleur soit séquellaire et définitive. On parle alors de radiculopathie ou de neuropathie chronique. Ce risque de mauvaise récupération nerveuse est majoré :

  • Si les nerfs ont été comprimés de façon importante pendant longtemps, car cela leur fait perdre leur capacité de cicatrisation et de récupération. Dans ces cas-là, la situation ne peut pas empirer, mais les symptômes ne seront pas totalement guéris. En cas de douleur, des traitements médicamenteux devront mis en place.
  • En cas de tabagisme actif. Il est donc fortement recommandé d’arrêter de fumer avant l’intervention, afin d’optimiser les chances de réussite de l’opération.
Dans la majorité des cas, cette intervention se déroule sans complication. Cependant, dès lors qu’on intervient au niveau du rachis, il y a toujours un risque de lésion nerveuse durant l’intervention.

Pour accéder au canal vertébral et y enlever les ostéophytes, le chirurgien est obligé de pousser légèrement le(s) nerf(s) et/ou le sac dural qui contient les racines nerveuses lombaires. Dans de très rares cas, la mobilisation des structures neurologiques peut entraîner une souffrance du nerf, appelée aussi « lésion de traction ».

Selon le degré de souffrance du (des) nerf(s), cette lésion de traction peut entraîner :

  • la paralysie d’un ou de plusieurs muscles de la jambe et/ou du pied ;
  • une perte de sensibilité dans une partie ou la totalité de la jambe et du pied ;
  • ou, dans les cas les plus sévères, mais plus rares, un syndrome de la queue de cheval avec pertes incontrôlées d’urines et de selles.

Ces complications peuvent être temporaires ou définitives.

Dans la majorité des cas, cette intervention se déroule sans complication. Cependant, dès lors qu’on intervient au niveau du rachis, il y a toujours un risque qu’un hématome se crée dans le canal vertébral, à l’endroit où passent les nerfs, après la fin de l’intervention. Parce que les nerfs et le sac dural sont entourés par de nombreuses petites veines et artères, un hématome peut se former progressivement dans le canal vertébral après l’opération. Parce qu’il comprime les nerfs et/ou le sac dural, des douleurs et/ou des troubles neurologiques apparaissent, plus ou moins rapidement, de manière progressivement croissante dans les 6 à 48 heures suivant l’intervention. Si c’est le cas, il faut en avertir immédiatement l’infirmier(e) du service, qui contactera alors votre chirurgien.  Un scanner ou une IRM sera fait dans les meilleurs délais afin de confirmer le diagnostic et de réaliser un drainage chirurgical de l’hématome du canal vertébral. Cette complication peut entraîner des paralysies temporaires ou définitives, même si l’hématome est évacué efficacement, dans les meilleurs délais.
Le saignement postopératoire est presque systématique. Il entraîne naturellement des bleus (ecchymoses) sur la peau qui peuvent perdurer jusqu’à trois semaines. Mais dans certains cas, il peut aller jusqu’à provoquer un hématome qui se traduit par un gonflement et une tension douloureuse. Un hématome est un amas de sang situé sous la peau. Il est la conséquence d’un saignement d’un vaisseau sanguin. D’importance très variable son diagnostic rapide est indispensable. Même s’il disparaît le plus souvent de façon spontanée, il peut parfois nécessiter une reprise de l’intervention pour l’évacuer et contrôler la cause de celui-ci. Il est à noter que certaines maladies, comme l’hémophilie, la diminution de certains éléments figurés du sang (plaquettes = thrombopénie), de même que certains médicaments (aspirine, anticoagulants et autres traitements visant à fluidifier le sang) peuvent augmenter ce risque de saignement en diminuant les capacités de coagulation de sang. Lors d’une intervention, cela favorise l’apparition d’un hématome postopératoire, particulièrement sous la cicatrice. Le risque est alors qu’une trop forte tension sous la peau rouvre la cicatrice ou entraîne une souffrance cutanée, et que l’hématome favorise l’apparition d’une infection.
L’obésité est définie par un nombre supérieur à 30 quand on divise le poids (en kg) par le carré de la taille (en mètre). Ce n’est pas une question esthétique ou une critique, mais une définition médicale.
 

La cicatrisation fait partie intégrante du processus de guérison, elle concerne les cicatrices cutanées et les tissus opérés en profondeur, elle s’effectue le plus souvent entre 2 et 4 semaines. Elle peut être un peu plus longue chez les patients obèses, car le tissu juste sous la peau est graisseux et cicatrise plus lentement. Ainsi, un hématome peut se produire même si un drain a été posé. Le risque d’une infection du site opératoire est plus grand chez les obèses car l’hématome est source d’infection et car le chirurgien est obligé de faire plus de décollement et de plus grandes cicatrices.

Les complications mécaniques sont plus fréquentes car le poids à soulever est plus important à la masse musculaire constante. Les prothèses articulaires ont plus de chance de désolidariser de l’os et le cartilage va s’user plus vite. Enfin, la rééducation est plus difficile chez un obèse.

Les complications vasculaires sont liées à un mauvais drainage veineux et une moins bonne mobilisation après une intervention. Il faut faire attention aux risques accrus de phlébites et embolie pulmonaire (caillot de sang qui remonte brusquement aux poumons).

Quand on est obèse, il est déconseillé de fumer, il faut surveiller sa glycémie (risque de diabète), et enfin l’anesthésie est plus risquée.

De nombreuses études montrent que le tabagisme augmente le risque de complications chirurgicales : hématome, infection, problème de cicatrisation, lâchage des sutures, retard de consolidation osseuse… Par exemple, il a été montré qu’en chirurgie orthopédique, le risque de complications de la cicatrisation est de 5% chez les non-fumeurs et de 31% chez les fumeurs.
 

Un sevrage tabagique pré et post-opératoire est donc fortement conseillé, voire obligatoire, pour certains types d’interventions. Pour être efficace, il doit être entrepris 6 à 8 semaines avant l’intervention chirurgicale et poursuivi durant la phase de cicatrisation.

  • Le tabagisme augmente le risque de complications infectieuses.

D’une part, la nicotine entraîne une vasoconstriction des tissus et réduit l’affluence d’oxygène. Elle agit aussi sur la qualité de la cicatrisation par la diminution de production du collagène. D’autre part, le monoxyde de carbone entraîne une diminution de l’oxygénation des tissus et une mauvaise micro-circulation sanguine.

Une étude évaluant 228 plaies provoquées a montré un taux d’infection des plaies de 12% chez les fumeurs et de 2% chez les non-fumeurs.

  • Le tabagisme augmente les problèmes de cicatrisation des tissus.

L’effet néfaste du tabagisme sur la cicatrisation cutanée et celle des tissus profonds s’explique de la même façon que le risque infectieux : la diminution de la micro-circulation cutanée et de la quantité d’oxygène apportée aux organes par le sang (hypoxie). Les complications chirurgicales sont particulièrement importantes en cas de cicatrisation, de greffe de peau ou de transfert de lambeaux musculaires. Des études ont montré un taux de nécrose partielle trois fois supérieur chez les fumeurs.

  • Le tabagisme retarde aussi la consolidation osseuse.

Une étude a révélé qu’en cas de fracture ouverte de la jambe, la consolidation survient en 32 semaines chez les fumeurs contre 28 semaines chez les non-fumeurs avec des opérations secondaires d’aide à la consolidation plus fréquentes chez les fumeurs.

Dans la majorité des cas, cette intervention se déroule sans complication. Cependant, dès lors qu’on intervient au niveau de la colonne vertébrale, il y a toujours un risque, même faible, de léser la dure mère, c’est-à-dire le tissu, aussi appelé « méninge », qui enveloppe et protège le système nerveux central. En résulte une fuite du liquide céphalo-rachidien dans lequel baignent les racines nerveuses et la moelle épinière, mais aussi le cerveau.
 

La plupart du temps, le chirurgien se rend compte de la lésion pendant l’opération et suture la brèche. Mais si la plaie est passée inaperçue, ou si la fuite de liquide persiste malgré une suture efficace, pourrait apparaître un écoulement clair et transparent au niveau du pansement, associé à des migraines importantes, de la somnolence, des douleurs anormales au niveau des membres, etc. Autant de symptômes qui doivent vous conduire à alerter immédiatement l’infirmier(e) du service, qui contactera alors votre chirurgien, car ce sont les signes d’un début d’hypopression intracrânienne, due à la diminution progressive de la quantité du liquide habituellement présent au niveau du cerveau. Une situation extrêmement rare, mais dangereuse, qui peut en plus se compliquer, dans les cas les plus extrêmes, par une méningite (infection des tissus qui entourent le cerveau). Une nouvelle opération doit, la plupart du temps, être réalisée pour tenter une nouvelle suture de la brèche.

Suite à toute intervention, une infection est toujours possible, même si le risque survient de manière exceptionnelle. Dans la chirurgie du rachis lombaire, cette infection touche le disque intervertébral du niveau opéré. On parle de spondylodiscite.

Cette complication, qui se manifeste par des douleurs inflammatoires au niveau du rachis, se traite par un drainage chirurgical de l’infection. Lors de cette intervention, des prélèvements bactériologiques sont réalisés. Ils permettent de mettre en place, juste après, une antibiothérapie efficace de manière prolongée, adaptée à la bactérie qui a été mise en évidence par ces prélèvements.

Le risque de léser la veine cave ou l’artère aorte lors de l’ablation des ostéophytes est très exceptionnel quand l’opération est réalisée par voie postérieure, car ces vaisseaux sanguins sont plutôt situés à l’avant de la colonne. Néanmoins ce risque ne peut être totalement exclu. Lorsqu’il survient, il peut entraîner une hémorragie gravissime, pouvant être mortelle.
L’intervention que vous allez subir ne vous prémunit pas d’une récidive de douleurs liées à une discopathie, à un autre niveau de la colonne vertébrale. L’arthrodèse ayant définitivement bloqué entre elles les vertèbres lombaires opérées, celles-ci ne présentent plus aucun risque d’affaissement et/ou d’instabilité. Mais, comme la discopathie est une pathologie notamment liée à l’âge, elle peut survenir à d’autres étages, parfois accompagnée d’une arthrose. La pathologie peut apparaître au niveau lombaire si toutes les vertèbres n’y ont pas déjà été opérées, mais aussi au niveau cervical ou thoracique. Ce dans les mois ou années suivant l’opération. Ils peuvent alors comprimer les racines nerveuses qui en sortent et/ou la moelle épinière. Là encore, le pincement pourra entraîner des douleurs et des déficits neurologiques, au niveau des membres inférieurs ou supérieurs du corps. Si tel est le cas, il faudra de nouveau opérer.
Des médicaments contre la douleur sont systématiquement administrés avant même le réveil de l’anesthésie et par la suite à intervalles réguliers. Malgré cela et en fonction de la sensibilité de chacun, il est toutefois possible que des douleurs postopératoires apparaissent.

Elles sont en principe transitoires, elles ne durent que de deux à quatre jours. La durée d’apparition dépend du type d’anesthésie. L’intensité dépend du type de geste chirurgical et de votre degré de sensibilité. Parfois importantes lors des 12 à 24 premières heures après l’intervention, elles décroissent progressivement les jours suivants.

Pour diminuer au maximum ces douleurs, le médecin anesthésiste vous proposera le type d’anesthésie qui vous est le plus adapté et une ordonnance d’antalgique efficace vous sera remise avant votre retour à domicile.

En fonction de votre tolérance et de l’efficacité de ce traitement contre la douleur, celui-ci pourra être adapté par votre médecin traitant. Ce dernier a une place importante dans la prise en charge des douleurs mal soulagées par le traitement de sortie. Il est recommandé de le contacter devant toute recrudescence anormale de la douleur afin de réagir rapidement face à une éventuelle complication.

Si vous avez peur d’avoir mal après l’intervention que votre chirurgien vous a proposé, n’hésitez pas à en parler avec le médecin anesthésiste lors de la consultation préopératoire. Posez-lui toutes les questions que vous jugez utiles. Vous recevrez des informations claires sur les traitements dont vous pourrez bénéficier.

Une infection nosocomiale est une infection contractée dans un établissement de santé (hôpital, clinique…) alors qu’elle était absente au moment de l’admission du patient. L’infection est généralement considérée comme nosocomiale si elle se déclare au minimum 48 heures après l’admission. Si elle apparaît avant un tel délai, on considère qu’elle était en incubation lors de l’entrée dans l’établissement. Inversement, en fonction de sa nature, elle peut se révéler plusieurs semaines, voire plusieurs mois, après les soins responsables.
 

La principale source de contamination, dans le cas d’une infection nosocomiale, est le patient lui-même et non l’environnement hospitalier ou le personnel. Le plus souvent, le patient est infecté par ses propres germes au cours de certains soins invasifs (actes chirurgicaux, sondage urinaire, respiration artificielle…). Dans les autres cas, se sont les soignants qui sont des vecteurs de transmission.

D’après une étude de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) datant de 2012, un patient hospitalisé sur vingt (5%) contracte une infection dans l’établissement où il est soigné. Mais le risque est variable selon le profil du patient, les soins pratiqués et la durée du séjour.

Le profil du patient : Les plus de 65 ans, les nouveau-nés (en particulier les prématurés), les polytraumatisés et les grands brûlés sont les plus à risque. Paradoxalement, certains traitements peuvent également favoriser la survenue d’une infection nosocomiale (antibiotiques qui déséquilibrent la flore des patients et sélectionnent les bactéries résistantes, traitements immunosuppresseurs…).

Les soins pratiqués : Les infections sont plus fréquentes lors d’actes opératoires où les gestes invasifs sont nombreux (ouverture prolongée de la peau, fil profond, matériel mis en place, intubation, sonde urinaire, pose d’un cathéter…).

La durée du séjour : Le risque d’infection nosocomiale est diminué par 15 chez les patients hospitalisés entre 2 et 7 jours par rapport à ceux dont l’hospitalisation dure de 30 à 89 jours. Dans le cas d’une chirurgie ambulatoire (prise en charge sans hébergement et d’une durée maximale de 12 heures), même si aucune étude scientifique ne l’a encore démontré, le risque serait encore réduit.

La prévention, au cœur des préoccupations des établissements de santé.

Des Comités de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN), sont intégrés dans les Commissions médicales d’établissement. Leur fonction est d’améliorer les conditions d’hygiène et de prévention en fonction des données de surveillance et des progrès médicaux. Il s’agit notamment d’appliquer des protocoles d’hygiène et de soins précis avant, pendant et après chaque geste chirurgical. Soignants, patients et visiteurs doivent respecter les mesures d’hygiène et d’asepsie dictées par l’établissement.

Il est à noter, qu’il ne faut pas confondre une infection du site opératoire (nosocomiale) avec des aléas de la cicatrisation. Un défaut de cicatrisation ou la désunion secondaire d’une cicatrice opératoire peuvent devenir la porte d’entrée d’une infection, mais habituellement non nosocomiale dans ces cas.

Toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques bien identifiés sur lesquels une information précise vous a été communiquée par votre chirurgien. Mais des complications exceptionnelles ne sont ni toutes prévisibles ni même toutes connues.

De la même manière que les activités de votre vie contiennent des risques que vous ne pouvez pas toujours anticiper, il en est de même pour une intervention chirurgicale malgré les soins constants dans l’amélioration de la gestion des risques.

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